Eurifc04

III sec. a.C.

ERMENESIATTE DI COLOFONE, Leonzio, III

Testo tratto da: Couat A., La poesie alexandrine sous le trois premiers ptolemees (324-222 a. C.), Hachette, Parigi 1882, p. 85

Ainsi le fils chéri d’Œagros, armé d’une cithare de Thrace, emmena de chez Hadès Argiopè. Il navigua vers le lieu triste et inexorable où Charon, dans la barque commune, entraîne les âmes des trépassés, tandis qu’au loin retentit l’onde du marais qui se plaint à travers les grands roseaux. Seul, sur le bord du fleuve, Orphée osa jouer de la cithare, et les dieux ennesi furent charmés. Il vit se dérider le sourcil de l’implacable Cocyte; il soutint le regard du chien terrible dont la gueule en feu aboie. Enfin, par ses chants, il persuada les tyran redoutables de laisser Argiopè reprendre le doux souffle de la vie.